Bibliotheca tholosana
Site d'édition de textes latins, français et occitans des XVIe s., XVIIe s. et XVIIIe s. - Manuscrits & imprimés

Du bon usage de Bibliotheca tholosana

     La navigation est intuitive et guidée par les onglets présents sur chaque page du site. Nous préciserons simplement, pour ce qui est des appels de notes de la section Textes édités en ligne : en passant la souris sur l'appel de note, le texte de la note apparaît; en revanche, il faut cliquer sur cet appel de note pour rendre le texte de la note stable et pouvoir éventuellement faire apparaître le lien hypertexte contenu dans la note et l'utiliser. Cette fonction sera progresivement étendue aux autres sections du site.

Bibliotheca tholosana (BTH), qui a vu le jour en 2006, puis s'est étoffée, en 2008 d'une Bibliotheca tholosana occitana (BTO) pour l'édition des textes en langue occitane,  est un site

  • d'édition scientifique de textes numérisés, issus des fonds patrimoniaux 'toulousains' des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, latins, français et occitans, présentant simultanément un texte original – imprimé ou manuscrit – sa transcription et/ou sa traduction, enrichie d'une annotation critique ; une  introduction à l’ouvrage édité, une notice bio-bibliographique relative à l’auteur du texte, ainsi qu’une bibliographie critique.
  • Elle est également le lieu d'édition d'un Dictionnaire des réseaux culturels toulousains en Europe entre 1480 et 1780,
  • et de séminaires, journées d'étude ou colloques ayant trait à ce sujet.

Par la recherche plein texte qu'elle autorise sur ses différents espaces de publication, et par les liens hypertextes qu'elle met en place, Bibliotheca tholosana est aussi un outil d’exploration contextuelle des réseaux culturels au sein desquels s’élabore cette production. 

Objet du site    

   Bibliotheca tholosana  s'attache à constituer un corpus et à en corréler les données, dans le but de mettre à disposition d’un large public des textes historiques, juridiques, littéraires et artistiques ; et surtout de permettre que soient reconsidérées, d’un point de vue non plus centralisateur, mais décentré, plurilingue et interdisciplinaire, les problématiques culturelles qui animent l’Occitanie toulousaine, et plus largement les relations culturelles et politiques de cette dernière avec le reste du Royaume de France, sur les trois siècles au cours desquels s’élabore la culture ‘française’.

Intérêt d'une édition critique du ‘corpus toulousain’ sous forme numérisée

     Entre Renaissance et Révolution, Toulouse n'est pas une capitale régionale vouée à un progressif déclin par la centralisation du pouvoir. Au XVIe s.,du fait de son histoire, de ses institutions et de ses personnalités – un Parlement qui joue un rôle essentiel dans les événements religieux et civils, une Université d'où sont issus de grands serviteurs de l'État et d'éminents juristes humanistes, des prélats-mécènes formés à l'école de l'Italie, des ordres religieux tout puissants, et un Collège de Rhétorique –, cette ville se caractérise par une vie intellectuelle, artistique et civique intense et conflictuelle. Impliquées dans les débats religieux et politiques, les grandes figures intellectuelles de ce temps s’insèrent, parfois par force, dans des réseaux nationaux et européens.

     Même si l'imprimerie n'y atteint pas l'activité lyonnaise, la production juridique, historiographique et littéraire en latin, en français, en occitan ou encore en espagnol, y est importante et largement diffusée. Ainsi, Toulouse joue un rôle important dans la culture méridionale puisque l’essentiel de la production littéraire en occitan, imprimée, l’est à Toulouse, résultat d’une tradition d’écriture ininterrompue des années 1530 à la Révolution, notamment illustrée par l’œuvre du poète de langue occitane le plus important de la période, Pierre Godolin. Par sa situation géographique et ses liens culturels et économiques avec l’Aragon et la Castille, Toulouse fait également office, dès l’introduction de l’imprimerie, de pont vers la Péninsule Ibérique.

     Le recul progressif de la qualité et de l'efficacité de ses activités institutionnelles n'empêche pas Toulouse de poursuivre, au XVIIe siècle, les grandes lignes de la réflexion juridico-politique antérieure, sous la plume d'hommes tels G. Maynard, S. d'Olive, ou B. Laroche Flavin. Toutefois, les centres d’intérêt se déplacent et parallèlement aux institutions en place se dessine une réflexion culturelle 'moderne' - linguistique et scientifique - à la faveur du rôle fédérateur que jouent quelques personnages remarquables (le comte d'Aubijoux, l'archevêque Charles de Montchal, le Président Bertier, etc...). De fait, habitués à jongler entre plusieurs langues, les Toulousains se montrent particulièrement réceptifs à une culture de l'abstraction qu'ils développent au fil d'une réflexion sur l'éloquence (A. Filère, les Maussac père et fils), l'orthographe (A. de Lestang), l'étymologie (P. de Caseneuve, P. Borel, J. Doujat), mais aussi en termes de méthodologie de la connaissance (mathématiques, P. de Fermat, optique, E. Maignan, etc..) ou d'art de la représentation (Dupuy du Grez). Ensemble de savoirs et de savoir-faire qui restent en perpétuelle relation avec leurs homologues européens, et dont Paris s'efforce de récupérer les acquis, notamment avec des hommes comme P. Pellisson, des petits groupes de travail comme celui qui s’est réuni autour de l’archevêque de Montchal ou encore avec cet archevêque fantôme de Toulouse que fut le gallican Pierre de Marca, assisté d'Étienne Baluze, et avant que la centralisation culturelle ne fasse définitivement son office au XVIIIe siècle.

     Entre Renaissance et Révolution, Toulouse est donc, à sa manière, un relais culturel européen : hommes, idées, savoirs y circulent selon une géographie dont témoignent les nombreuses correspondances, les récits de voyages et les éditions internationales. La mise en réseau de ces textes, de leurs auteurs, ainsi que de leurs lieux de naissance, d'édition, de voyages, etc..., qu'ambitionne Bibliotheca Tholosana permettra, grâce aux moyens informatiques, de rendre compte de cette circulation.